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26.05.2008

JOSPIN REVIENT DE L'ILE DE RE EN TRIPORTEUR...

NON PAS LE RETOUR DE L'ILE D'ELBE, MAIS DE L'ILE DE RE

Mes biens chères frères, mes biens chères sœurs, je vous le dis en vérité, Lionel s’ennuyait tellement sur son île, qu’il m’a été impossible de le laisser là bas, de plus en cas de défaillance de ma part, il pourra toujours prendre la relève au pied levé.

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« Un militant bien formé »
PATRICK DIERICH, ex-militant de l'OCI, 56 ans, astronome à l'Observatoire de Meudon (Hauts-de-Seine) et aujourd'hui membre du PS, a été, de 1968 à 1986, militant de l'Organisation communiste internationaliste (OCI) de Pierre Lambert.

Vous êtes formel : Lionel Jospin a bien été militant trotskiste à l'OCI...
Patrick Dierich. Oui. Il n'y a aucune ambiguïté : j'étais dans la même cellule que lui au cours de l'été 1971. C'était le « camarade Michel ». Moi, j'étais le « camarade Blum ». Nous avions tous des pseudonymes. Des « blazes » comme on disait à l'époque.

Combien de temps l'avez-vous côtoyé ?
Deux mois environ. J'avais adhéré à l'OCI en 1968. Après mon service militaire dans un bataillon disciplinaire à Narbonne, j'ai été affecté à la cellule de l'Observatoire de Paris où il se trouvait déjà.

Jospin affirme qu'on a pu le confondre avec son frère Olivier.
C'est une plaisanterie. J'ai connu les deux, sans savoir d'ailleurs qu'ils étaient de la même famille. Je ne l'ai appris que quinze ans plus tard. Physiquement, Lionel et Olivier ne se ressemblaient pas. Le premier était très reconnaissable avec sa coiffure afro-américaine. Le second était plus grand et plus costaud.

« Je ne comprends pas sa position. Il n'y a rien de honteux à avoir été trotskiste »

Quel souvenir gardez-vous de l'actuel Premier ministre ?
C'était un militant bien formé. On voyait qu'il n'avait pas adhéré à l'OCI la veille. Il était particulièrement rassurant, stabilisant. Je ne savais pas qu'il sortait de l'ENA, mais on sentait incontestablement qu'il avait de la compétence et de l'envergure.

Etiez-vous amis ?
Non. On se voyait au cours de réunions de cellule, une fois par semaine. Mais nous n'allions pas dîner ensemble. Ce n'était pas vraiment le genre de la maison. Il faut se replacer dans le contexte. L'OCI était une organisation qui sortait de la clandestinité, et qui en avait gardé les habitudes. Elle était composée de membres soigneusement sélectionnés. Nous n'étions pas là pour rigoler.

Où se déroulaient vos séances de travail ?
A tour de rôle chez un des membres de la cellule. Dans mon souvenir, je suis allé une fois chez Jospin. Il habitait rue des Favorites, dans le XVe arrondissement. J'ai dû y rencontrer Elisabeth, sa compagne de l'époque.

« Mitterrand était parfaitement au courant »

Pourquoi avoir révélé en juillet 1999 que Jospin était membre de l'OCI ? Pourquoi en parler à nouveau aujourd'hui ? N'avez-vous pas l'impression de trahir votre ancien « camarade » ?
Franchement, non. Mais je ne comprends pas sa position. Il n'y a rien de honteux à avoir été trotskiste. Je lui ai écrit une lettre juste avant les dernières municipales pour lui dire que non seulement il jetait la suspicion sur son propre cas, mais aussi sur tout ce courant qui a existé et dont des dizaines voire des centaines de membres sont encore en vie. J'attends toujours sa réponse.

Selon vous, Jospin aurait adhéré au PS tout en étant membre de l'OCI. Il aurait donc été une sorte de « taupe » au profit des lambertistes...
Mitterrand était parfaitement au courant de sa double appartenance. N'oubliez pas qu'il avait été ministre de l'Intérieur !... Nous, nous ne considérions pas le PC comme plus ouvrier que le Parti socialiste. En plus, d'un point de vue électoral, seul un représentant du PS pouvait battre la droite. Il fallait donc aider Mitterrand. C'est ce qu'a fait Jospin à son niveau. L'OCI était l'allié objectif des socialistes.

Qu'avez-vous envie de lui conseiller aujourd'hui ?
Jospin doit avouer au lieu de s'enferrer dans son mensonge. Qu'il assume une bonne fois pour toutes !... Sinon, la droite s'en servira contre lui à un moment ou à un autre. Elle aura beau jeu de lui dire : « Monsieur Jospin, vous qui vous présentez comme le champion de la morale et de la transparence, si vous avez menti sur votre passé trotskiste, sur quoi d'autre avez-vous menti au cours des dernières années ? Sur la Mnef ? Sur le financement du PS ? » Cela dit, je comprends que cela ne soit pas facile. Il s'est enfermé dans une logique dont il aura du mal à sortir. Il s'est progressivement piégé lui-même.

Propos de Patrick Dierich recueillis par Frédéric Gerschel, Le Parisien, 31 mai 2001, p. 4
Y a t'il une honte a avoir été TROSKISTE?, non, à le cacher, oui.....

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