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02.06.2008
LIVARO POUR LA CARLA DE NICOLAS, AU BRY POUR LES RECONSTRUCTEURS....
LES MOUCHES AVAIENT TROUVE REFUGE, ON NE LES A PLUS ENTENDU DE LA JOURNEE
"Je veux retrouver cette joie d'être de gauche", lance-t-elle. "Nous devons être fière ce de que nous sommes. Moi, je suis fière. Fière des congés payés, de la suppression de la peine de mort, du PACS, des 35 heures, de la CMU...". Avant de tacler Ségolène Royal - "On n'a pas fait de politique depuis deux ans" - et Bertrand Delanoë -"Nous sommes tout simplement socialistes, pas besoin d'ajouter des qualificatifs - allusion à la déclaration du maire de Paris dans son livre De l'audace! : "je suis socialiste ET libéral" .
PS: Une autre femme est possible
Par Marie QUENET
Le Journal du Dimanche
A la recherche du troisième homme ou... femme. Ils semblent nombreux au PS à rejeter un duel entre Delanoë et Royal. Après l'aile gauche mercredi, François Hollande jeudi, c'est au tour des reconstructeurs de monter au créneau. Ce mouvement, qui regroupe des amis de DSK, de Laurent Fabius, d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry, organise aujourd'hui à Paris une "journée d'échanges et de débats". L'occasion de voir leurs convergences... et de mettre en piste celui, ou celle, qui pourrait incarner la troisième voie?
Officiellement, bien sûr, les quelque 800 militants et cadres attendus ne débattront que du "fond". Loin des combats de chefs. Des "fausses querelles sur socialisme et libéralisme". Il n'empêche. Parmi les personnalités présentes dans la salle - Fabius, Bartolone, Cambadélis, Moscovici... -, Martine Aubry devrait tenir la vedette. D'autant que la maire de Lille, brillamment réélue en mars, compte bien prendre la parole. "Une mise en orbite" selon certains.
De fait, parmi ces élus de différentes sensibilités, plusieurs vantent aujourd'hui les qualités de l'ex-numéro 2 du gouvernement Jospin: une "femme d'Etat", incarnant "les dernières grandes réformes sociales de la gauche" comme les 35 heures, ayant prouvé ses capacités de rassemblement aux municipales. De quoi séduire des strauss-kahniens comme Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France. Mais aussi des fabiusiens: Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS, ferait circuler un appel "Une autre femme est possible". Et l'eurodéputé Benoît Hamon, figure de la gauche du PS, avoue que les mots de Martine "sonnent doux" à ses oreilles.
"Fabiusiens et strauss-kahniens, c'est la carpe et le lapin"
Pour l'instant, la fille de Jacques Delors avance avec prudence, martelant qu'il faut jouer collectif. Mais ses amis font passer le message: "Martine est très motivée pour peser dans les débats du parti." L'édile et ses proches bouclent une contribution. Et s'apprêtent à discuter avec les puissantes fédérations du Nord et du Pas-de-Calais pour arriver à un texte commun. Jack Lang, député du Pas-de-Calais, approuve: "A ce stade, mon voeu serait que des idées et des talents se retrouvent autour d'une contribution dont la première signataire pourrait être Martine Aubry", tout en assurant qu'il "n'écarte pas Bertrand Delanoë".
Et si la synthèse Aubry échoue? D'autres noms circulent. Le député fabiusien Claude Bartolone a déjà dit qu'il fait partie des "cinq ou six qui pourraient prétendre au poste de premier secrétaire du PS". Certains évoquent le député strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis. Ou le député européen Benoît Hamon, qui prépare avec Henri Emmanuelli un rassemblement "à vocation majoritaire" pour tirer les leçons de "l'échec du modèle libéral". Surtout, le député du Doubs, Pierre Moscovici, a déjà fait acte de candidature. Emancipé de son mentor DSK, le quinqua plaide pour une "option clairement réformiste". Il a déjà le soutien du courant strauss-kahnien Socialisme et Démocratie, d'Arnaud Montebourg, et la préférence de Manuel Valls.
Face à cette litanie d'adversaires potentiels, les états majors de Delanoë et Royal affichent leur sérénité. "Je ne sais pas quels sont les points communs entre Bartolone et Cambadélis, si ce n'est de penser chacun à quelqu'un d'autre pour 2012..." ironise un proche du maire de Paris. "Regrouper les fabiusiens qui ont voté non à la Constitution européenne et les strauss-kahniens qui ont voté oui, c'est le mariage de la carpe et du lapin, renchérit un ami de Ségolène Royal. Le vrai sujet, c'est François Hollande et les grandes fédérations."
"Un nouveau ventre mou"
Car le premier secrétaire, lui aussi, manoeuvre pour éviter que le congrès de Reims ne se résume à l'affrontement Delanoë-Royal. "Si la sincérité des convictions l'emporte sur les positionnements tactiques, il n'y a aucune raison qu'on ne se retrouve pas sur la même motion avec Royal, Delanoë, Hollande et beaucoup d'autres", décrypte un de ses proches, le député André Vallini. "Un nouveau ventre mou", rétorquent leurs opposants, pour lesquels le député de Corrèze cherche surtout à préserver ses chances pour 2012.
Et si d'aventure ce scénario se réalisait, plusieurs noms circulent pour occuper la tête du parti. Le député Julien Dray, qui postule officiellement, le numéro 2 actuel François Rebsamen, et surtout deux hommes au profil plus rassembleur bien qu'ils démentent être candidats: l'ancien ministre Michel Sapin et Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, qui travaille à une contribution avec les socialistes de l'Ouest.
Au niveau local, des bataillons se mettent aussi en mouvement contre le match Delanoë-Royal. Gérard Collomb, le maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, ont annoncé le dépôt d'une contribution commune pour le congrès. "Notre but, c'est de pouvoir constituer une force d'interposition, à basse tension guerrière et, si possible, à haute tension intellectuelle", explique l'édile lyonnais. Il entend discuter maintenant avec les fédérations du Nord, du Pas-de-Calais et de Bretagne pour faire un front commun. Mais pas sûr que ces "casques bleus" tombent aussi d'accord sur leur commandant.
"Nous avons laissé nos querelles passées à la porte". Ce message, les proches d'Arnaud Montebourg, de Laurent Fabius, de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn l'ont martelé toute la journée de dimanche. Autoproclamée "les Reconstructeurs", cette alliance hétéroclite s'est réunie à Paris pour une journée "d'échanges et de débats". Et qu'importe cette citation, attribuée à un "ami de Ségolène Royal", publiée le matin même dans le Journal du Dimanche : "regrouper les fabiusiens qui ont voté non à la Constitution européenne (en 2005, ndlr) et les strauss-kahniens qui ont voté oui , c'est le mariage de la carpe et du lapin". Les participants à la réunion préfèrent en rire. "Nous ne sommes pas dans une basse-cour, ni même dans un étang", lance le jeune lion Arnaud Montebourg. "Quant à moi, je vous promet qu'au congrès de Reims, il n'y aura ni carpe, ni lapin au menu", assure Adeline Hazan, fraichement élue maire de cette ville de Champagne où se déroulera le congrès du PS en novembre.
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