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14.06.2008

LASORTIE DES TRENTE CINQ HEURES PAR DEVEDJIAN LE MANANT....

LE FOU DU ROI A ENCORE FRAPPE

mercredi, 21 mai 2008
"La sortie des 35 heures est un engagement de la campagne électorale"
J'étais ce matin l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL:




Patrick Devedjian invité de RTL (21 mai 2008)
envoyé par rtl-fr
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Patrick Devedjian.

Patrick Devedjian : Bonjour.
L'UMP, avez-vous dit lundi, demande avec force le démantèlement définitif des 35 heures ? Xavier Bertrand, ministre du Travail, puis Nicolas Sarkozy, président de la République, vous ont désavoué. C'est pas trop dur, ce matin, Patrick Devedjian ?
C'est pas dur d'abord, parce que le Parti de l'UMP, ce n'est pas le gouvernement.

C'est différent ?
C'est différent.

Il est à la pointe...
Et sa vocation, c'est d'être en avant du gouvernement que d'ouvrir des débats, de déminer des débats. Les 35 heures, vous savez, il y a dix ans que la Droite critique les 35 heures. Dix ans. A juste raison parce que les 35 heures, ça a ravagé le pouvoir d'achat, ça pèse aujourd'hui encore pour 15 milliards sur le Budget de l'Etat, c'est-à-dire que l'Etat finance des allègements de charge, c'est-à-dire subventionne pour ne pas travailler. On peut peut-être en faire un meilleur usage de cet...

Donc, vous persistez ce matin, Patrick Devedjian, vous demandez la disparition des 35 heures ?
Bien sûr, c'est un vrai sujet. Bien sûr, c'est un vrai sujet.

Et le fait d'avoir été démenti par le ministre du Travail. Le Président de la république ne ternit pas le débat ?
D'abord, ce n'est pas un démenti. Non, ce n'est pas un démenti. C'est une nuance apportée, c'est un débat. Et c'est le rôle de l'UMP de l'ouvrir. Xavier Bertrand est dans son rôle de ministre. Et je ne conteste absolument pas cela. Il apporte des nuances. Il est pour des allègements, des assouplissements. Moi, je suis pour aller plus loin. En fait, ce qui nous différencie, c'est qu'il est pour le maintien de la durée légale. Et moi je souhaite qu'à l'occasion de la loi sur la représentation syndicale qui va équilibrer davantage le pouvoir entre les syndicats et les dirigeants dans une même entreprise, on puisse donner du grain à moudre au dialogue social. Et je souhaite qu'il y ait un paquet social à l'intérieur de chaque entreprise qui soit négociable par les partenaires sociaux et que notamment la durée du travail dans l'entreprise, puisse être un élément de cette négociation.

Négociation entreprise par entreprise...
Entreprise par entreprise avec les partenaires sociaux, avec l'accord majoritaire et donc...



On va essayer de ne pas être trop technique !
... dans un pouvoir rééquilibré.

Le Parlement aura à connaître de la position commune que les organisations syndicales et patronales ont arrêté en avril sur la représentativité des syndicats. Dans son article 17, cette Opposition commune dit qu'on pourra négocier par entreprise pour dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires.
Vous avez raison.

Vous, vous souhaitez amender cet article 17.
Non, ce que je veux vous dire, c'est que d'abord sur les heures supplémentaires, on a déjà légiféré quatre fois. Donc, vous me proposez là de légiférer une cinquième fois...

Pas moi ; mais les syndicats qui se sont entendus.
Alors, je pense, si vous voulez, qu'il faut un jour ou l'autre, en sortir parce qu'on peut aussi légiférer une 6ème fois, une 7ème fois, éternellement.

Donc vous ne souhaitez pas que cet article soit adopté ?
Non, ce que je souhaite c'est que ça soit élargi et que les partenaires sociaux qui sont quand même capables de faire cela, puissent avoir le droit de négocier également sur le seuil de déclenchement. Vous savez, la notion de durée légale du travail, ça n'existe pas en Allemagne. Par exemple, il y a la notion de durée maximum du travail en Allemagne, mais il n'y a pas la notion de durée légale qui sert de seuil de déclenchement aux heures supplémentaires. On peut imaginer comme c'est le cas dans d'autres pays donc, que le moment du déclenchement des heures supplémentaires, il est négocié entreprise par entreprise en fonction de la situation économique et sociale de l'entreprise et du rapport de force entre les partenaires sociaux et les dirigeants de l'entreprise. Ca s'appelle la démocratie sociale.

Pour être clair, Patrick Devedjian, vous souhaitez pouvoir amender la position commune quand elle sera présentée ?
Je souhaite que le débat évolue...

Non, non. On a compris !
... On a une occasion-là importante, autant la saisir.

Vous souhaitez l'amender.
Mais on peut aussi le faire un peu plus tard, pourvu qu'on le fasse. Moi je souhaite qu'on le fasse cette année.

Déjà c'est un peu plus long.
Non, non.

Cette année ?
Parce qu'il faut respecter les partenaires sociaux.

D'accord. Alors, soyons concret. On a un exemple : Peugeot-Peugeot qui fabrique des scooters. La direction veut renégocier les 35 heures dans ces sites du Doubs et du Haut Rhin. 1.050 emplois sont en jeu ; et ils veulent sortir des 35 heures. Vous soutenez, par exemple, ce dossier ?
Non. Ce que je souhaite...

Ah, c'est compliqué !
Bien sûr, c'est compliqué. C'est toujours compliqué mais on peut essayer de simplifier quand même. Ce que je souhaite c'est qu'il puisse y avoir une négociation.

Oui, c'est ça. C'est ce que veut la direction.
En l'occurence entre les dirigeants et les partenaires sociaux dans le cadre d'une représentativité révisée qui donne plus de force aux syndicats pour que les salariés ne soient pas démunis face à la direction et qu'au vu de cet accord, on puisse effectivement renégocier. Et puis s'il n'y a pas d'accord, la durée légale s'appliquera. Mais s'il peut y avoir un accord, alors on sortira de la durée légale.

Xavier Bertrand parlait à propos de Peugeot, d'une forme de chantage que font les directions sur les salariés. Donc, voyez qu'entre vous et le gouvernement, il y a quand même une grande distance, ce matin, sur cette question.
Mais il y a un débat. Mais bien sûr. Et c'est le rôle de l'UMP. L'UMP n'est pas seulement en soutien du gouvernement. Elle doit être devant. Elle doit proposer les réformes. Elle doit avancer. Je rappelle quand même que la sortie des 35 heures, c'est un engagement de la campagne électorale.

De qui ?
Du président de la République.

Il ne tient pas ses engagements ?
Si, il les tient, ses engagements ; mais nous voulons que ça aille un peu plus vite.

Donc, il les tient trop lentement.
Parce que c'est pas simple ; et puis, il y a aussi des forces conservatrices.

Ah oui, bien sûr ! Alors, l'UMP joue le rôle de l'avant-garde donc. Quelle doit être la position de l'UMP sur ce débat du départ de l'âge à la retraite ? Le Conseil d'orientation des retraites dit : il faudra cotiser jusqu'à 61, voire 62 ans. Qu'en pense l'UMP, Patrick Devedjian ?
Bien sûr ! Ecoutez, on ne peut pas, à la fois (c'est amusant qu'on parle des deux successivement !). On ne peut pas à la fois travailler moins dans la semaine et à travailler moins dans la vie et avoir une durée de vie qui s'allonge et pouvoir la financer.

Et donc, la position du secrétaire général de l'UMP, ce matin au micro de RTL, c'est : il faudra cotiser au-delà de 60 ans pour partir à la retraite ?
Je suis évidemment pour la cotisation à 41 ans parce que je ne vois pas d'autres...

Non, non, non. Départ à la retraite : 61, 62 ans.
Eh bien, ça fait 40... Ce qu'il faut, c'est 41 ans.

L'âge légal du départ à la retraite ? C'est ça ma question, vous l'aviez très bien compris ?
Ce que je vous réponds. Bien sûr, vous franchirez les 60 ans. La plupart du temps, vous franchirez les 60 ans, si vous avez besoin d'avoir 41 annuités.

Et il faut légiférer pour faire démarrer l'âge légal de la retraite plus tard ou pas ?
Je pense que si nous avons les 41 annuités et que nous votons sur le fait d'avoir les 41 annuités, nous réglons le problème.

Pas trop d'avant-garde quand même ! Trop d'avant-garde pourrait nuire à l'avant-garde.
Attendez, c'est clair ce que je vous dis quand même.

Très bien ! Vous avez participé, hier, au petit-déjeuner de la Majorité. Il se tenait à l'Elysée et on a appris à cette occasion, qu'il se tiendrait désormais toutes les semaines à l'Elysée alors que traditionnellement, il se tenait à Matignon.
Enfin, non, c'était partagé.

Oui, c'était partagé. D'habitude, c'était tout le temps à Matignon ; et puis, un peu partagé. Maintenant, tout le temps à l'Elysée.
Oui.

Certains y voient un signe de l'affaiblissement du Premier ministre. On se trompe sans doute, Patrick Devedjian ? Ce sont les mauvaises langues qui disent ça !
Oui, on se trompe.

Bien sûr !
Moi, je suis très demandeur que le président de la République soit davantage investi dans la vie de la Majorité et dans la vie de l'UMP dont il est à la fois l'inspirateur ; et je rappelle quand même qu'il est le porteur de la légitimité démocratique et en particulier, pour la Droite.

Et le Premier ministre, un peu plus désinvesti ?
Le Premier ministre est, au contraire, celui qui met en œuvre la politique du président de la République. Je peux vous dire d'ailleurs que le Premier ministre qui a vocation à animer la Majorité parlementaire a beaucoup de travail devant lui.

Vous avez toujours la confiance du président de la République dans votre rôle de Secrétaire Général de l'UMP, Patrick Devedjian ?
Je le crois, oui.

Il vous l'a dit. Il vous a dit : "C'est bien ce que tu as dit sur les 35 heures ?"
Je crois avoir sa confiance. Et je crois qu'en permettant au parti d'exister, d'être devant le gouvernement, je lui fais jouer son rôle.

Patrick Balkany disait tout à l'heure : "S'il continue comme ça, Patrick Devedjian, il finira à l'ANPE".
Chacun, ses références !

Patrick Devedjian, à l'avant-garde de l'avant-garde de l'avant-garde, invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

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