16.12.2008
MADOFF, BIGRE DES FORTUNE(E)S AURAIENT PERDU QUELQUES ARGENTS?
Les banques européennes dans la tourmente Madoff
Bourse. L'arnaque géante de Wall Street a fait perdre des milliards aux banques. Quatre établissements sont touchés en France.

IdéAprès la pyramide, l'effet domino. L'arnaque géante montée pendant 48 ans par le légendaire courtier de Wall Street Bernard Madoff selon le schéma pyramidal de Ponzi, qui a causé quelque 50 milliards de dollars de pertes et ruiné des centaines d'Américain, a des répercussions dans les banques du monde entier. Durant tout le week-end, les établissements financiers ont tenté de cerner leur degré d'exposition aux produits du fonds d'investissement du courtier véreux. Une tâche complexe car si certaines banques traitaient directement avec le hedge fund pourri qui s'est écroulé, d'autres y intervenaient sans le savoir par l'intermédiaire d'autres fonds. Reste qu'au final, les pertes se chiffrent en milliards d'euros partout dans le monde.
En France, BNP-Paribas et Natixis sont potentiellement les plus touchées par le scandale financier du siècle. La Société Générale, éclaboussée cette année par le scandale Kerviel, et le Crédit Agricole s'en sortent mieux que d'autres, comme l'assureur Axa qui perdrait 100 M€. La banque franco-belge Dexia perdrait 85 millions d'euros, et ses clients les plus fortunés 78 millions. La Caisse des Dépôts ou encore le Crédit Mutuel-CIC poursuivaient hier leurs investigations pour savoir s'ils étaient touchés. Les pertes des établissements français sont certes importantes mais restent en-deça de leurs collègues européens. Si en Allemagne, les banques se sont refusées à tout commentaire, on apprenait dans la soirée que la banque néerlandaise Fortis était exposée à hauteur d'un milliard d'euros.
Mais l'effet domino de l'arnaque de Wall Street pourrait continuer à s'étendre, notamment en Asie. Face à cette nouvelle tourmente, les places boursières ont gardé hier leur sang-froid. Tout comme les experts qui se sont voulus rassurants pour le grand public. En France, contrairement aux États-Unis, investir dans des fonds comme celui de Madoff est réservé aux « investisseurs qualifiés ».
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La SEC sur la sellette
Comment la fraude imaginée par Bernard Madoff a-t-elle pu prospérer pendant 48 ans ? Telle est la question que l'on se pose Outre-Atlantique. Certes, le légendaire courtier bénéficiait, pour ses activités légales, de la vitrine prestigieuse de sa société réputée et d'un bouche à oreille conséquent qui masquaient ses opérations frauduleuses. Mais « Bernie » auraient surtout bénéficié de contrôles pour le moins légers de la part de la SEC, l'autorité des marchés financiers, qui se retrouve sur la sellette. La SEC a bien enquêté sur les activités de Madoff et ses rendements anormalement élevés, depuis 1992 et jusqu'en 2007, mais sans jamais rien trouver. Un dysfonctionnement dénoncé hier par Dominique Strauss-Kahn, qui a déploré que les USA ne soient pas soumis aux évaluations du FMI qu'il préside. Et Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés en France estime que « pour la 4e fois, la réglementation américaine est en cause. » Déjà critiquée pour ne pas avoir anticipé la crise des subprimes, la SEC est si discréditée que Barack Obama pourrait la dissoudre. en janvier.
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