28.03.2009
HEULIEZ: SEGOLENE ROYALE ET LE PRESIDENT XYZ RECLAMENT LA PATERNITE DU SAUVETAGE...
Heuliez: une tentative de sauvetage très politique
L'équipementier Heuliez, au bord du gouffre financier, s'est retrouvé plongé au coeur d'une bataille politique. Parmi les protagonistes : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

(photo : Lee Jordan - Flickr - cc)
« On ne communique pas, sinon ça va partir dans tous les sens… » L’entourage du secrétaire d’Etat à l’Industrie, Luc Chatel, ne veut surtout pas évoquer l’affaire Heuliez. Attention danger : dossier sensible. Sensible car très politique…
Heuliez, c’est cet équipementier automobile basé à Cerizay dans les Deux-Sèvres dont les 1 000 employés craignent d’être laissés sur le carreau pour cause de graves difficultés financières. En période de crise, noyés au milieu du flot de fermetures d’entreprises, les déboires de cette société auraient très bien pu passer inaperçus. Sauf que l'entreprise est un des plus gros employeurs du secteur industriel en région Poitou-Charentes. Une bonne raison pour que sa présidente, Ségolène Royal, décide de s’emparer de l’affaire. Et quand l’ex-candidate à l’élection présidentielle prend en main un dossier, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit même.
D'après l'élue socialiste, si Heuliez est à deux doigts de disparaître, c’est la faute au Fonds stratégique d’investissement (FSI), cet organisme lancé en décembre dernier par le gouvernement pour soutenir les entreprises dites « stratégiques » mises à mal par la crise. Pour elle, c'est un tort que le FSI se détourne d'Heuliez. Elle considère avoir à faire à une société innovante grâce notamment à son projet de voiture électrique, la Friendly. Elle n’a pas cessé de le répéter (voir la vidéo ci-dessus) jeudi face à Jean-Pierre Elkabbach, qui, lui-même, paraissait très au fait de ce dossier, lui qui ne passe pas, pourtant pour une passionné de politique industrielle.
Déjà lundi dernier, elle attaquait très fort : « J'espère que le refus [du FSI de soutenir l'entreprise] n'est pas le résultat d'une pression exercée par un groupe concurrent », faisant référence dans la foulée à Bolloré qui, comme Heuliez, développe un véhicule électrique (le groupe Bolloré a, depuis, formellement démenti, ndlr). Le lendemain, Nicolas Sarkozy en personne, lors de son discours à Saint-Quentin, évoquait l’entreprise de Cerizay : « J’ai demandé que le FSI soit prêt à investir 10 millions d’euros dans Heuliez (sur les 45 millions nécessaires, ndlr) pour peu qu’il y ait un projet industriel, pour peu qu’on trouve des partenaires et pour peu que le propriétaire soit prêt à mettre de l’argent de sa poche » (aux alentours de 13’10’’ sur la vidéo ci-dessous). Preuve que, quelle que soit la pertinence de l'analyse (en réalité, il semble bien que la Friendly ne soit pas le coeur d 'activité d'Heuliez), le Président a été touché dans l'une de ses fragilités principales : l'accusation de conflit d'intérêt. Il fallait y penser, avant, au moment du dîner du Fouquet's...
Enfin, mercredi, Luc Chatel faisait le déplacement jusque dans les Deux-Sèvres et, devant les employés (et Ségolène Royal), confirmait les propos du chef de l’Etat. Mais il rappelait aussi les conditions qu’il avait fixées pour que la société puisse bénéficier du soutien du FSI (voir vidéo ci-dessous).
Ce que Royal ne dit pas sur Heuliez
Le sauvetage d'Heuliez serait donc une victoire de Ségolène Royal ? C’est plus compliqué. La dirigeante socialiste a raison de se battre pour préserver des emplois. Miser sur la croissance verte pour relancer l’économie est une idée plus que louable. Ségolène Royal est tout à fait pertinente quand elle pointe du doigt les sommes énormes versées par l’Etat au secteur automobile traditionnel et son désintérêt flagrant pour les projets visant à faire naître le véhicule de demain. Mais la société est très loin d’être sortie d’affaire.
D'autant plus que l’élu socialiste se garde bien de dire qu’Heuliez est avant tout un équipementier automobile « classique » avant d’être une de ces fameuses entreprises innovantes auxquelles le FSI est censé apporter son aide. Sur ses 1 000 employés, tout au plus 10% travaillent sur la Friendly, cette voiture dont elle a décidé d’être l’ambassadrice. Une voiture dont la fabrication ne pourra pas être lancée, au mieux, que dans dix-huit mois ! Et d’ici là, comment « occuper » les autres salariés ? L'accord liant Heuliez à Opel pour l’assemblage de sa Tigra touche à sa fin, Renault et PSA ne semblent pas décidé à remplir son carnet de commandes...
D’ailleurs, un proche du dossier explique que c’est en partie pour cette raison que la demande présentée par Heuliez au FSI, en février, avait été refusée : « Le projet autour de la voiture électrique n’était pas satisfaisant. Et puis la société était en grande difficulté depuis deux à trois ans. En fait, ils se sont tournés vers le FSI à deux mois du dépôt de bilan ! » Et toujours d’après cette source, le FSI n’apprécierait pas vraiment d’être appelé à jouer les « pompiers » : « Ce n'est pas son rôle ». On apprécierait d’ailleurs pas beaucoup plus « l’instrumentalisation » de l’affaire Heuliez par les politiques. Mais d’ici trois à quatre semaines, le temps nécessaire pour trouver de possibles nouveaux investisseurs, on devrait savoir si cette « instrumentalisation » s’avère payante pour ses 1 000 salariés...
08:30 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27.03.2009
LAURENCE PARISOT ET LE PRESIDENT XYZ SERONT ELUS "COUPLE DE L'ANNEE"
Bonus et stock-options : tour de vis pour les patrons
Nicolas Sarkozy a décidé d'opter pour un décret interdisant les bonus des chefs d'entreprises aidées par l'État malgré la résistance du Medef.

Laurence Parisot a jugé «compréhensible» que les entreprises aidées aient des obligations.Nicolas Sarkozy a enfin tranché. Au terme de longs atermoiements et devant les ravages provoqués dans l'opinion par les scandales des bonus de certains grands patrons, il a décidé de serrer la ceinture de ces « irresponsables ». « Le décret va être pris la semaine prochaine pour fixer les conditions dans lesquelles est interdite l'allocation de stock-options ou d'autres avantages, lorsque les entreprises bénéficient du soutien de l'État », a affirmé hier Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée.
Mardi soir, dans l'Aisne, le président Sarkozy avait une nouvelle fois fustigé les « parachutes dorés », « stock-options » ou « bonus » dans les entreprises « recevant une aide de l'État » ou mettant « en œuvre un plan social d'ampleur ».
Néanmoins, il s'était refusé à les interdire. Mais face à la colère grandissante dans le pays, et alors qu'il avait donné au patronat jusqu'au 31 mars pour « faire des propositions » incitant les patrons qui licencient à renoncer à leurs bonus, le Président s'est trouvé contraint d'accélérer la cadence.
Plutôt que de passer par la loi - solution prônée par la gauche et jusque dans les rangs de l'UMP - il a opté pour la voie réglementaire, concernant les seules entreprises aidées par l'État, « plus rapide et plus facile que », selon M. Guéant.
L'affaire a donné lieu à une polémique entre Sarkozy, qui fulminait contre le Medef, et Laurence Parisot, qui refusait de prendre des mesures envers les grands patrons. Cette dernière a finalement jugé hier « compréhensible » que les entreprises aidées aient « des obligations ».
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon a vu dans la décision de passer par décret « une reculade » de Nicolas Sarkozy « devant le patronat ». Mais déjà la polémique a dépassé le cadre des entreprises bénéficiant d'aides publiques : hier, les plus hauts dirigeants de GDF ont dû renoncer à leurs stok-options, bien qu'à la tête d'une société bénéficiaire et créant de l'emploi (voir ci-contre).
En sévissant, Sarkozy veut mettre fin à un climat qui ternit l'image du patronat alors que la grande majorité des chefs d'entreprise est loin de s'octroyer les privilèges de quelques banquiers et capitaines d'industries profiteurs sans vergogne d'un système indécent. Il était plus que temps.
zoom
GDF : stock-options et fièvre sociale
Compte tenu du contexte, leur position était devenue intenable. Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet (photo), et son vice-président, Jean-François Cirelli, ont décidé de renoncer aux stock-options qui leur avaient été accordées au titre de l'année 2008. Elles étaient estimées respectivement à 7,7 M€ et 2, 8 M€. Leur attribution avait suscité un mouvement de protestation parmi les syndicats alors que le groupe est en pleine négociation salariale. Mestrallet et Cirelli ont pris cette décision « dans un souci de responsabilité et afin de pérenniser l'objectif prioritaire de partage de la création de valeur avec l'ensemble de ses collaborateurs.» C'est « un premier pas vers le respect des salariés et des clients », a souligné la CFDT. La CGT a salué « un signe de décence appréciable ». Mais les syndicats, qui demandent une « revalorisation des salaires », ne veulent pas en rester là, estimant que « les résultats exceptionnels du groupe doivent être partagés par tous ». Par ailleurs, un accord de fin de conflit prévoyant une prime exceptionnelle de 1.300 € par salarié a été trouvé jeudi soir chez Storengy, la filiale de GDF.
Témoignage de patrons de la région
« On n'est pas tous à la même enseigne »
« Je me paie 3 800 € par mois. » Pour Nicolas*, les rémunérations des grands patrons du CAC 40 sont « au-delà du normal ». « Nous ne sommes pas dans le même monde, ces gens-là n'ont rien à voir avec les patrons de petites entreprises que nous sommes », regrette le patron toulousain d'une PME de la communication.
Loin du train de vie de ces professionnels des jetons de présence, Nicolas descend dans des hôtels à 35 € la nuit, vient de créer un plan d'épargne entreprise pour ses sept salariés et préfère « embaucher plutôt que s'augmenter. » Il se verse un salaire de 3 800 €, en-dessous de la moyenne des petits patrons (4 273 € par mois) bien loin des 500 000 € mensuels de revenus pour les dirigeants du CAC 40.
« Le patron doit-il gagner autant qu'une profession libérale? » C'est la question que se pose Philippe Robardey, président du Medef 31. « Un patron fait vivre des dizaines, parfois des centaines de familles, prend des risques et se verse un salaire très souvent égal à celui des médecins, pharmaciens ou experts-comptables. Est-ce normal ? » s'interroge-t-il. Patron de Sogeclair, un bureau d'études de 850 salariés, Philippe Robardey ne cache pas sa rémunération, publiée dans ses comptes : environ 220 000 € par an. Bien en-deçà de certains patrons de l'aéronautique toulousaine. « Ma part variable représente entre 20 et 30 % du total, mais ce n'est pas sans contrepartie » ajoute-t-il. Ce salaire représente le prix du risque : « En 1994, j'ai dû emprunter à la banque pour renflouer l'entreprise. J'ai donné ma maison familiale en garantie, c'est une sacrée pression ! » se rappelle le PDG de Sogeclair. En revanche, pour lui, hors de question de cautionner le golden parachute du patron de Valeo : « De telles sommes ne sont pas explicables au grand public et pour cause ! Pourquoi ne pas aligner son statut sur celui des salariés ? »
500 € par mois. Ludovic* a toujours voulu être son propre patron. Infographiste indépendant, il s'est installé dans un petit local chez ses parents au sud de Toulouse. Mais certains mois sont durs… « Souvent, je ne peux me verser que 500 € sinon c'est aux alentours de 1 500 €». Les situations sont donc bien contrastées. G.B.
*Les prénoms ont été changés
Scandales à répétitions
Philippe Jaffré (Elf Aquitaine). Il démissionne en 2000 avec 10 millions d'€ d'indemnités de départ et des stock options évaluées entre 20 et 30 millions d'€. Jean-Marie Messier (Universal-Vivendi). Il a demandé 20 millions d'€ pour quitter son poste. Mais après avoir essuyé un refus, il a traduit sa société en justice. Pierre Bilger (Alstom). ll a quitté l'entreprise avec un parachute doré de 4,1 millions d'€ en 2003. Daniel Bernard (Carrefour). En 2005, il touche un complément de retraite de 29 millions d'€ et une indemnité de 9,8 millions d'€. Sa retraite chapeau sera annulée par la justice en 2008. Noël Forgeard (EADS). Il part avec 8 millions d'€ en poche en 2006. Mais il fait l'objet d'une enquête sur son parachute doré. Il est aussi soupçonné de délit d'initié. Antoine Zacharias (Vinci). Il touche 12, 9 millions d'€ de prime de départ, 170 millions de stock-options, et une retraite chapeau. Il poursuit ensuite son ancien groupe pour demander 81 millions d'€ supplémentaires… Patricia Russo et Serge Tchuruk (Alcatel-Lucent). En 2008, ils empochent respectivement 6 millions d'€ et 5,6 millions d'€ à leur départ. Thierry Morin (Valeo). Il a touché 3,2 millions d'€ de prime de départ, alors que son entreprise vient d'encaisser 19 millions d'€ d'aide de l'État et qu'elle réduit son effectif de 10 %.
13:13 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.03.2009
LUC CHATEL CE JOUR AVEC ROYALE CHEZ HEULIEZ!!!
L'Etat au chevet de l'équipementier automobile Heuliez en difficulté

Alain Jocard AFPL'Etat est prêt à apporter 10 millions d'euros pour secourir l'équipementier automobile Heuliez, menacé de cessation de paiement, qui doit trouver un total de 45 millions d'euros pour éviter de disparaître.
Le Fonds stratégique d'investissement (FSI), créé par le gouvernement pour soutenir l'industrie, "investira 10 millions d'euros dans le capital d'Heuliez", a déclaré mardi le secrétaire d'Etat à l'industrie et porte-parole du gouvernement Luc Chatel avant de rencontrer à Bercy des représentants de la direction et des salariés.
Le gouvernement a toutefois mis des conditions au soutien de cette entreprise fondée en 1920 et qui emploie un millier de personnes (et un autre millier indirectement) à Cerizay (Deux-Sèvres).
Il faut "qu'il y ait un vrai projet industriel", "un tour de table financier" et que "les actionnaires du groupe" participent "à ce tour de table", a-t-il détaillé.
Le total des fonds à apporter est de 45 millions d'euros pour sauver durablement le carrossier, selon M. Chatel.
"Nous avons déjà trouvé 10 millions d'euros dans le FSI, le conseil régional est prêt à investir 5 millions d'euros et un fonds d'investissement 7 millions d'euros", a-t-il précisé.
Si les conditions demandées ne sont pas réunies, l'Etat interviendra de toutes façons à hauteur de 10 millions d'euros dans Heuliez, mais pas au travers du FSI, a affirmé M. Chatel, évoquant des mesures "d'accompagnement social".
L'entreprise cherche des partenaires financiers depuis plus d'un an, mais la crise économique a compliqué le projet. Le groupe indien Argentum Motors, intéressé l'an dernier, s'est finalement retiré et Heuliez risque d'être en cessation de paiement en avril.
Le groupe, propriété de la famille Queveau, a produit 450.000 véhicules depuis 1985, notamment les versions cabriolet de modèles Peugeot ou Citroën, selon son site internet. Il ne fabrique plus actuellement qu'une vingtaine d'exemplaires du coupé-cabriolet Opel Tigra par jour - un modèle qui doit être arrêté en juillet -, contre une centaine il y a deux ans.
Le dossier a pris ces derniers jours une dimension politique.
Ségolène Royal, la présidente socialiste de la Région Poitou-Charentes, s'est rendue lundi à Cerizay (Deux-Sèvres) pour manifester avec les salariés du groupe, premier employeur industriel des Deux-Sèvres.
Elle doit rencontrer la ministre de l'Economie Christine Lagarde pour évoquer le sort du carrossier, mais Bercy n'a pas donné de date pour la rencontre.
Mme Royal s'est inquiétée d'éventuelles pressions du groupe Bolloré, un potentiel concurrent d'Heuliez sur le marché des véhicules électriques, pour faire échouer l'octroi d'un financement du groupe par l'Etat via le FSI. Bolloré a démenti.
Le FSI avait refusé lundi d'investir dans l'entreprise estimant que le projet qu'elle proposait ne "garantissait pas sa pérennité"."Le plan d'affaires associé au véhicule électrique comporte aujourd'hui, tel qu'il est, un très fort niveau d'incertitude dans ses perspectives", avait observé Gilles Michel, le directeur général du Fonds.
Luc Chatel a de nouveau déploré mardi que, sur un millier de salariés, Heuliez n'emploie qu'une quarantaine de personnes dans le véhicule électrique, "une activité porteuse d'avenir".
Il se rendra mercredi à Cerizay pour présenter l'action du gouvernement aux salariés de l'entreprise.
08:57 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.03.2009
OUI LES GRANDS PATRONS SONT TROP PAYES
Les grands patrons sont-ils trop payés ?
Le gouvernement menace de recourir à la loi pour encadrer certains types de rémunération comme les stock-options.

Le directeur de la Société Générale Frédéric Oudéa a fourni des explications embarrassées.
AURAIT'IL LES AMYDALES?
Comme d'habitude, Nicolas Sarkozy a donné le ton. Il a été suivi par le gouvernement qui a fustigé les responsables de la Société générale coupables de s'être accrochés un peu trop longtemps à leurs stock-options avant de lâcher prise. Hier Frédéric Lefebvre, au nom de l'UMP, a porté le coup de grâce: «C'est se foutre du monde que ce type de comportement. Un certain nombre de patrons n'ont pas l'air de comprendre qu'en temps de crise, il faut qu'ils aient des comportements vertueux, on est bien décidé dans ce cas-là à légiférer.» Echaudés par la polémique, les dirigeants de BNP Paribas ne devraient par percevoir de stock-options cette année. Comment faut-il rémunérer les grands patrons ? Telle est la question qui se pose désormais, sachant qu'elle ne vise pas la très grande masse des chefs d'entreprise peu concernée par les gratifications salariales mises en cause. Du coup, le gouvernement s'interroge sur la «pertinence» des stock-options et n'exclut pas de recourir à la loi pour les encadrer. «Quand les actions baissent, les salariés qui en ont reçu sont un peu floués» et «quand les actions montent extraordinairement, c'est une augmentation de la rémunération qui n'est pas toujours justifiée», souligne la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. Ces dernières années, «les augmentations des cours de Bourse avaient souvent peu de relations avec les performances réelles» de l'entreprise, a-t-elle encore estimé. Ce sentiment est partagé par la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville, qui souhaite un débat sur les critères d'attribution des stock-options: «Trop souvent ces critères sont pousse-au-crime, car ils incitent les dirigeants à prendre des risques avec l'argent des autres». Pour examiner si cette forme de rémunération est «efficace et morale», Christine Lagarde souhaite lancer une concertation avec les partenaires sociaux sur le sujet avant de légiférer éventuellement. D'ores et déjà, le gouvernement a demandé au Medef de définir, d'ici la fin du mois, un dispositif concret pour inciter les dirigeants d'entreprises qui licencient à renoncer à leurs bonus. Sa présidente, Laurence Parisot, a promis hier une réponse «dans la semaine».
voix discordantes
Mais des voix s'élèvent aussi pour défendre le système. Le président d'Axa, Henri de Castries, a estimé qu'il n'était pas forcément «mauvais» pour l'entreprise. De son côté, le mouvement patronal Ethic souligne : «Ce n'est pas parce que quelques dirigeants ont cru qu'ils méritaient des sommes énormes pour leur talent (...) qu'il faut tout à coup supprimer cet outil, extrêmement utile pour intéresser les salariés à la croissance de l'entreprise.» Quant à Colette Neuville, elle reconnaît que «les stock-options restent pertinentes pour des sociétés comme les start-up, qui n'ont pas les moyens de rémunérer leurs dirigeants avec des salaires.» La polémique n'est pas près de s'éteindre...
Un outil de rémunération
Les stock-options permettent principalement à un cadre ou à un dirigeant d'acheter des actions de son entreprise à un cours avantageux dans un délai donné, et d'engranger des gains si le cours de Bourse de l' entreprise a grimpé, sans perdre d'argent s'il a reculé. Quand le salarié lève son option plusieurs années plus tard, il acquiert l'action au prix déterminé antérieurement. Il peut soit la revendre immédiatement en Bourse à la valeur du jour et empocher la plus-value, soit conserver ces actions. Si le cours réel de l'action est inférieur au prix initial, le détenteur de stock-options n'achète pas l'action, car il perdrait de l'argent. Si le cours est supérieur, il a en revanche intérêt à exercer l'option, achetant ainsi l'action à un coût moins élevé que le cours de bourse. Depuis 2004, le versement des stock-options doit figurer dans le rapport annuel des entreprises et être rendu public auprès des autorités boursières.
Un symbole d'injustice sociale
Haro sur les stock-options , symboles d'injustice sociale. Pour une fois, toute la classe politique se montre unanime pour exploiter l'affaire. Ce soir, en meeting à Saint-Quentin, dans l'Aisne, Nicolas Sarkozy, fera de la pédagogie sur l'action du gouvernement et devrait évoquer le thème épineux de la justice sociale dans la crise. Il devrait réaffirmer que la réforme du capitalisme qu'il prône passe,entre autres, par une moralisation des émoluments de quelques grands patrons qui en prennent un peu trop à leur aise. Déjà, en janvier, le Président avait contraint certains banquiers récalcitrants à renoncer à leurs bonus.
Rémunérations variables
Désormais, le gouvernement est prêt à légiférer si le Medef ne fait pas la police dans ses propres rangs. «Notre volonté est d'offrir des rémunérations variables, non seulement aux cadres dirigeants mais à l'ensemble des salariés, liées à la performance de l'entreprise», a déclaré hier Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Au gouvernement, on est persuadé que les efforts et les sacrifices demandés durant la crise ne pourront être acceptés que s'ils sont répartis dans l'ensemble des classes sociales, quitte à se mettre à dos le Medef. Question d'équilibre et de symbole. «Il faut éviter le défaut ou le manque de justice», plaide un ministre. C'est pourquoi le gouvernement et l'UMP concentrent un tir nourri sur les patrons qui font fi de la crise.
Légiférer tout de suite
Quant à l'opposition, elle trouve aussi l'occasion, dans la polémique sur les stock-options, de remettre au goût du jour son vieux fonds anti-patronal. Le groupe communiste et du parti de gauche du Sénat estime qu'avec sa proposition de loi sur le bouclier fiscal et les rémunérations des patrons «il est possible de légiférer dès cette semaine». De son côté, le PS défendra, le 30 avril à l'Assemblée, une proposition de loi conditionnant le versement de la deuxième tranche des aides publiques aux banques à l'obligation pour leurs directions de mettre fin au système de bonus et de parachutes dorés. Sale temps pour les grands patrons.
14:36 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.03.2009
TRES PRES D'UN AUTRE MAI 68?.......
Les manifestations et après ?
Le gouvernement prône la patience, les syndicats reportent au 30 mars leurs décisions visant à prolonger la mobilisation.

Les «Continental» en tête de la manif de Compiègne (Oise).Au lendemain de la grande manifestation qui a porté la contestation de la rue à son niveau record, gouvernement et syndicats se regardent en chiens de faïence. Le premier campe sur son immobilisme, refusant d'accomplir un nouveau geste social, les seconds cherchent de nouvelles formes de mobilisation, conscients que les défilés ont leurs propres limites.
Hier, depuis Bruxelles, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il fallait « mettre en œuvre sans délai les mesures annoncées » contre la crise, et qu'il fallait notamment faire « davantage » en matière de « réindustrialisation ». Concernant les mesures déjà prises, il a assuré que le gouvernement les « évaluera, complétera, modifiera, ajoutera s'il le faut » d'autres dispositions, ceci « avant l'été ». Timide ouverture ?
Le Président devrait s'exprimer sur le sujet mardi lors d'un déplacement dans l'Aisne. En attendant, Premier ministre, conseillers de l'Élysée, ministres, se sont succédé hier pour marteler le même message : attendons que les mesures sociales produisent leurs effets. « Ce ne sont pas simplement des défilés ou des manifestations qui permettront de sortir de la crise. On ne peut pas demander un autre plan alors que le plan initial ne s'est pas encore déployé », a ainsi insisté Brice Hortefeux, le ministre du Travail. Le patron de l'UMP, Xavier Bertrand, a appelé à « faire de la pédagogie » et à ériger en « priorité » l'entrée en vigueur « avant l'été » des décisions annoncées au sommet social du 18 février.
De leur côté, les syndicats ont décidé de… temporiser comme s'ils étaient quelque peu embarrassés par la réussite des manifestations. Réunis hier, ils ont évoqué « l'étape importante que constitue le 1er mai » mais ils se retrouveront le 30 mars pour décider des suites à donner à la mobilisation. « Nous voulons prendre le temps pour trouver les meilleurs moyens de donner un prolongement encore plus important à ce que nous avons d'ores et déjà réalisé », a souligné Maryse Dumas (CGT). Quant à François Chérèque (CFDT), il a estimé que le gouvernement avait « dix jours » pour apporter des réponses aux manifestations de la veille. Une sorte d'ultimatum pour faire bouger l'Élysée et Matignon.
--------------------------------------------------------------------------------
L'extrême gauche met la pression
À l'inverse des syndicats qui prennent le temps de la réflexion pour décider des suites à donner aux manifestations de jeudi, l'extrême gauche veut battre le fer (ou le pavé) tant qu'il est chaud. Le NPA et Lutte ouvrière souhaitent que la mobilisation sociale se poursuive « tout de suite », le PCF appelant pour sa part au respect des choix syndicaux. Dès jeudi, Olivier Besancenot avait déclaré : « Toutes les organisations de la gauche sociale et de la gauche politique » doivent « se rassembler » et « être capables de donner une direction aux mobilisations locales en cascade qui existent dans le public et le privé ». Il avait appelé à une « grève générale illimitée » et à « un nouveau Mai-68 ». Toujours au nom du NPA, Pierre-François Grond assure : « Il faut un mouvement prolongé pour la semaine qui vient », car attendre le 1er mai, « c'est endormir les gens. » Quant à Arlette Laguiller, elle est désireuse de « tout de suite organiser la suite » face à « un gouvernement et un patronat qui ne veulent rien céder », estimant que « les syndicats craignent d'être débordés et de perdre le contrôle de la lutte ».
« Très près d'un autre Mai 68 »
Fillon peut-il ne pas bouger après une telle démonstration ?
Le mouvement exprime un profond sentiment d'injustice souligné par les nombreux salariés du privé dans les cortèges. La réponse de l'exécutif n'est pas suffisante : quand on a affaire à un tel sentiment d'injustice, on n'est plus dans la rationalité. Il faudra trouver les moyens de satisfaire les attentes, quitte à creuser encore les déficits. Il va falloir lâcher car on est devant ce qui ressemble plus que jamais à un Mai 68 bis. La crise n'est pas simplement sociale mais morale et de société. Contrairement à ce qui a été dit, ce pays n'était pas irréformable : depuis 30 ans, la mutation du monde du travail et de l'emploi a été radicale. Avec cette crise énorme du capitalisme ultralibéral dont on commence seulement à entrevoir la réalité (on prévoit 450 000 chômeurs de plus en 2009), toute une conflictualité larvée et impuissante trouve sa raison d'être. La colère est manifeste.
Les 29 janvier et 19 mars ont traduit une sortie de l'impuissance face à l'injustice. La demande de pouvoir d'achat n'est jamais exclusivement une demande d'argent ; c'est un moyen de faire payer à ceux qui dirigent le mal de vivre que l'on ressent.
Pourquoi cet embarras des syndicats après ce succès ?
Ce sentiment d'injustice ne fait pas une revendication. Mais le syndicalisme l'a contrôlé et en sort renforcé. Maintenant, il n'a pas intérêt à provoquer une déstabilisation durable alors que, dans une crise, on veut tout et tout de suite. Si on en est là, avec 74 % de gens qui poussent, c'est à cause du désert politique à gauche.
Le pouvoir semble pourtant vouloir jouer la montre…
Il n'est pas à la fête. Comment ne pas trop lâcher au risque d'être dépourvu u moment du rebond ? Et le patronat ne l'aide pas. Mais il devra finir par dire qu'il s'est trompé sur le bouclier fiscal, sur les heures sup défiscalisées...
Recueilli par Jean Savaric
19:24 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.02.2009
LES ANTILLES: RIEN N'EST ENCORE DEFINITIVEMENT REGLE...
Antilles: accord fragilisé en Guadeloupe, bonnes perspectives en Martinique
A peine conclu, l'accord salarial partiel en Guadeloupe est apparu brusquement fragilisé vendredi par le refus du Medef et de sept autres organisations patronales de le signer, alors qu'en Martinique les négociations étaient jugées proches "d'une issue positive". Evènement

Photographe : Lionel Bonaventure AFP :: Elie Domota annonce la signature d'un accord, le 27 février 2009 à Pointe-à-Pitreagrandirphoto 1/2photo : Lionel Bonaventure , AFP
Willy Angèle, président de l'antenne guadeloupéenne du Medef, a affirmé vouloir négocier sur sa propre proposition, "sur la table depuis lundi".
Il exprimait aussi, ce faisant, la position d'organisations patronales -CGPME, UPA, transports, BTP, tourisme et industrie notamment- qui affirment représenter 90% des salariés guadeloupéens.
M. Angèle rejette aussi la demande du Medef national de rejoindre les négociations, qui ont repris dans l'après-midi (en début de soirée à Paris), tant que sa sécurité ne sera pas "assurée".
Le patron des patrons guadeloupéens affirme avoir été victime mercredi d'une "tentative d'agression physique" par Elie Domota, le leader du collectif intersyndical LKP, ce que le préfet a démenti.
"Tout n'est pas encore résolu, mais ça progresse", avait observé quelques heures plus tôt à Paris Nicolas Sarkozy.
Lire aussi
Embellie aux Antilles: accord partiel en Guadeloupe, calme en Martinique
Outre-mer: Xavier Bertrand prône l'"ordre républicain"
Syndicaliste tué en Guadeloupe: six gardes à vue
lire la suite Paralysée par une grève générale depuis près de six semaines, la Guadeloupe avait connu dans la nuit une avancée, avec la signature d'un accord salarial partiel à l'issue de négociations-marathon de près de huit heures.
Elie Domota avait alors parlé d'"un premier pas" et d'"un accord qui vaut son pesant d'or", sans appeler à la fin de la grève.
Rosan Mounien, un autre dirigeant du LKP, a indiqué vendredi que le collectif aviserait "de l'attitude à tenir" sur cette question après une nouvelle journée de négociation samedi. 19 autres revendications sont désormais sur la table, dont le gel des loyers et la baisse des prix de produits de base.
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves Jégo, s'est de son côté déjà projeté dans l'après-crise en promettant un futur "plan de sauvetage de l'économie pour les Antilles", notamment en direction des PME.
L'accord de Pointe-à-Pitre n'avait cependant pas été signé par le Medef et sept autres organisations patronales, qui dénonçaient déjà "un climat d'intimidation et de violences".
Selon le préfet, l'accord "théoriquement" applicable au 1er mars, ne concerne en l'état "que 15 à 17.000 des 85.000 salariés" du privé. Et selon le Medef de Guadeloupe, à peine 3.500 salariés seraient visés par l'accord.
Le document prévoit que les salariés percevant jusqu'à 1,4 fois le Smic toucheront 200 euros d'augmentation: 100 versés par l'Etat pendant deux ans, 50 par les collectivités locales (conseils général et régional) et 50 par le patronat.
Le procureur de Guadeloupe a annoncé par ailleurs le placement en garde à vue de six personnes dans l'enquête sur la mort par balles du syndicaliste Jacques Bino, tué le 18 février près d'un barrage à Pointe-à-Pitre. Ils devraient être mis en examen samedi, selon une source proche du dossier.
A la Martinique, entrée dans la grève le 5 février, et qui avait basculé dans la violence depuis deux nuits, la situation semblait apaisée.
Les rues de Fort-de-France ont été particulièrement calmes après l'appel à ne pas sortir de chez soi après 19H00 lancé par le préfet Ange Mancini.
Le président du conseil général, Claude Lise (app-PS), espère "une issue favorable" samedi aux négociations sur les prix et les salaires.
Pour les salaires, a-t-il rapporté, "nous en sommes arrivés au maximum, à 247 euros". Le "Collectif du 5 février" en réclame 250.
08:29 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.02.2009
CHOMAGE: 90000 DEMANDEURS D'EMPLOI EN PLUS EN JANVIER
90.000 chômeurs de plus inscrits en janvier

90.000 personnes de plus se sont inscrites en janvier au chômage auprès de Pôle emploi, l'organisme chargé des demandeurs d'emploi, a affirmé mercredi, sans citer de source, la chaîne d'information en continu LCI.
Interrogé par l'AFP, l'entourage du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.
Si ce chiffre de progression mensuelle se confirmait, ce serait du jamais vu, le précédent record remontant à novembre (+64.000).
Le secteur de l'intérim, considéré comme un indicateur avancé de l'évolution du marché du travail, enregistre un plongeon continu depuis mars 2008 du nombre des missions, et en janvier, la tendance s'est accentuée avec une baisse de 32,2%, a indiqué à l'AFP la chambre patronale, le Prisme.
Le nombre d'inscrits au chômage doit être rendu public par le ministère de l'Emploi ce mercredi à 18H00.
En décembre, il avait augmenté de 2,2% (+45.800), selon les chiffres officiels.
Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, invité peu avant sur LCI, n'avait donné aucun chiffre, mais avait déclaré que les chiffres du chômage de janvier ne seraient "pas meilleurs", voire pires que "les mois précédents".
Après deux années d'amélioration, le marché du travail en France s'est fortement retourné en 2008, avec 217.000 personnes supplémentaires venues s'inscrire ou se réinscrire entre le mois de janvier et de décembre.
Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie 1, baromètre officiel depuis 1995, atteignait 2.114.300 fin décembre, en hausse de 11,4% sur un an.
23:07 Publié dans Economie/Chomage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


