10.12.2008

ET SI DE CETTE DIRECTIVE, L'EUROPE SE FAISAIT ENFIN LUMIERE

La révolution des ampoules est lancée, mais pas l'Europe économique


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L'Union européenne a fixé ce lundi un calendrier pour bannir progressivement des maisons les ampoules à incandescence, détrônées par les lampes "basse consommation". Ce seront d'abord les ampoules "classiques" de 100 watts qui disparaîtront de la circulation, dès le 1er septembre 2009.



Une ampoule classique (à gauche) et une ampoule à basse consommation d'énergie, photographiées le 18 juin 2008 à Munich.

L'Union européenne a fixé ce lundi un calendrier pour bannir progressivement des maisons les ampoules classiques à incandescence (de 25 à 100 watts) qui cesseront d'être commercialisées le 1er septembre 2012, ont indiqué des sources diplomatiques. Elles seront remplacées par les lampes de nouvelle génération: ampoules halogènes plus performantes ou "fluo-compactes", dites aussi lampes basse consommation (LBC), consommant jusqu'à 80% de moins d'énergie.

Dès le 1er septembre 2009, les ampoules traditionnelles de 100 watts disparaîtront des magasins de l'UE, ont décidé lundi les experts des 27 pays européens lors d'un vote. Un an plus tard, les ampoules à incandescence de 75 watts connaîtront le même sort et deux ans plus tard ce sera au tour des 60 watts. Le 1er septembre 2012 sonnera la fin de ce processus par étapes avec le retrait des ampoules à incandescence restantes, de 40 et 25 watts.

Certaines halogènes les moins performantes, de classe "C" dans le classement énergétique européen, cesseront par ailleurs d'être vendus le 1er septembre 2016, ont décidé les experts. La décision de l'UE devra encore être soumise pour avis seulement au Parlement européen, pour être ensuite formalisée au printemps par la Commission européenne.

Environ 85% de l'éclairage domestique est aujourd'hui considéré comme peu efficace d'un point de vue énergétique. Or l'amélioration de l'efficacité énergétique de 20% d'ici 2020 est l'un des grands objectifs du plan climat-énergie de l'Union européenne. Des ampoules moins dévoreuses d'électricité constituent une déclinaison concrète de cette ambition.

L'ampoule classique produit de la lumière en portant à incandescence grâce au courant électrique un filament métallique en tungstène. Elle fait partie du paysage des consommateurs depuis une centaine d'années et a peu évoluée depuis le milieu du dernier siècle. Très satisfaisante pour la qualité de son éclairage, elle transforme toutefois seulement 5% de l'électricité qu'elle consomme en lumière, le reste se dissipant en chaleur.

Les nouvelles technologies d'halogènes constituent déjà un progrès, permettant de 25 à 45% d'économies d'énergie par rapport aux modèles classiques. Surtout, la génération d'ampoules "fluo-compactes", dites aussi lampes basse consommation (LBC), fabriquées pour la plupart en Asie, est jusqu'à 80% moins gourmande.

La Commission calcule qu'en troquant les ampoules classiques pour leur alternative fluo-compacte, les ménages peuvent économiser 50 euros en moyenne par an. A l'échelle de l'UE, l'économie se chiffrerait entre 5 et 10 milliards d'euros chaque année.

Problèmes de recyclage et de qualité d'éclairage

Plus chères à la fabrication et à l'achat, les ampoules basse consommation ont une durée de vie nettement supérieure. Reste que ces ampoules pêchent par une composante moins écologique, le mercure, banni des ordures ménagères. En quantité bien moindre toutefois que dans les anciens thermomètres. Après l'allumage, une ampoule fluo-compact émet une vapeur de mercure qui provoque un rayonnement ultra violet, avant se de convertir en lumière. Si l'ampoule casse, les fabricants recommandent d'utiliser des gants pour ramasser les bouts et d'aérer la pièce.

Certains scientifiques s'alarment aussi de leurs rayonnements électromagnétiques, présentant un risque théorique chez les personnes porteuses de prothèses médicales (pacemaker). Les fabricants affirment avoir réduit leur taille, amélioré la qualité de leur éclairage (plus diffuse que les ampoules traditionnelles), ainsi que leur délai de démarrage, des points qui restent cependant critiqués par les consommateurs.

Cette évolution dans l'éclairage, déjà bien amorcée, se fait en étroite concertation avec l'industrie. En juin 2007, les fabricants européens d'ampoules s'étaient donné huit ans, soit jusqu'à fin 2015, pour éliminer les ampoules classiques des foyers. Selon la Fédération européenne des compagnies de lampes (50 000 emplois directs en Europe), les ampoules à incandescence sont fabriquées dans dix usines de l'UE, tandis que six autres produisent des matériaux comme le verre ou les filaments. Les chaînes de production pourraient s'orienter vers les halogènes plus écologiques de nouvelle génération, note Bruxelles, en évoquant néanmoins la perte éventuelle de "2000 à 3000 emplois".