12.02.2009
AIDE AUX ASSOCIATIONS: LE PLANNING FAMILIAL PREMIER TOUCHE...
Menaces sur les subventions aux associations
Social. Les coupes sombres dans les budgets compromettent leur avenir.

En France, les assocations représentent 1,7 millions d'emplois. Photo DDM, Xavier de FenoylLes associations se portent mal. Non seulement elles subissent à leur tour les effets de la crise, mais elles souffrent des mesures gouvernementales qui viennent encore limiter leurs moyens. Longtemps déliées des contraintes économiques, elles voient leur avenir s'assombrir avec, d'un côté, la chute des subventions que leur accordent les collectivités territoriales et, de l'autre, la suppression des personnels qui leur étaient détachés.
Négliger le monde associatif fortement ancré dans les territoires, c'est mésestimer la place qu'occupe ce secteur dans notre vie quotidienne. En France, l'économie sociale et solidaire regroupe 1,7 million de salariés, dont 1,2 million au sein d'associations qui représentent à elles seules 10 % de l'emploi salarié en France. « MM. Raffarin et Villepin avaient déjà baissé les subventions. Nous sommes maintenant à un seuil critique et totalement oubliés du plan de relance », déplore Jacques Henrard, le président de la Conférence permanente des coordinations associatives. Ce jeudi, la CPCA va justement interpeller le gouvernement sur la situation fragilisée des associations. Car si les aides d'État sont peu élevées, elles n'en constituent pas moins un levier pour l'obtention de subventions des collectivités. « Nous nous gérons comme des entreprises. Si on dépense plus d'argent qu'on en gagne, on meurt. Bientôt, on va être obligé d'engager des plans sociaux », menace Hélios Gonzalo, le président de la Ligue Midi-Pyrénées de l'Enseignement (FOL). De plus, les Associations éducatives complémentaires de l'enseignement public (Acep) se sont vu confisquer également les renforts dont elles disposaient de la part de l'Éducation nationale. Ce marasme est d'autant plus préjudiciable que les champs d'intervention de ces associations sont d'abord l'action sociale (un emploi sur deux), l'éducation et la santé.
Les secteurs les plus touchés
Les Droits des femmes. En 2008, les crédits consacrés par l'État au « conseil conjugal et familial » s'élevaient à 2,6 M€. Pour 2009, le gouvernement a prévu une enveloppe de 2,1 M€, soit une baisse de 20 %. Le Planning familial est parmi les premiers concernés. Certaines structures fonctionnent en totalité grâce aux aides de l'État. Animées par des bénévoles, elles ne pourront maintenir les permanences d'accueil si les aides sont supprimées. Brice Hortefeux s'est engagé à revoir sa copie.
L'agriculture. C'est la suppression pure et simple de la ligne « Animation rurale » dans l'agriculture. Plus de subventions du tout et plus de postes Fonjep (Fonds de coopération de la Jeunesse et l'Éducation Populaire). De fait, il n'y a plus aucune subvention, ni aucun poste Fonjep pour les Foyers ruraux, les MRJC, les Familles rurales… Le Ministère se désengage de ces actions d'animation pour se concentrer sur l'agriculture et la pêche.
Éducation populaire : Les subventions liées aux actions conduites en lien avec l'Éducation nationale sont en baisse de 25 %. Xavier Darcos, après avoir conduit la suppression des enseignants mis à disposition, annonce la suppression de la compensation financière des enseignants détachés pour la Ligue de l'Enseignement, les Francas…
Culture. L'État a beau dire qu'il soutient l'art, il taille dans les subventions qui permettent de produire des pièces de théâtre ou qui servent à financer des festivals de musique. L'an passé, les aides de 200 compagnies avaient déjà été rognées de 4 à 6 % et d'environ 17 % pour celles de l'action culturelle (projets menés dans les écoles, hôpitaux, quartiers défavorisés, milieux carcéraux…)
Chiffres
La première force. Le monde associatif français est la première force collective du pays. On compte en France 1 million d'associations. Selon la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA), il se crée plus de 200 associations par jour.
2 millions de salariés. Ils sont regroupés dans 180 000 structures employeurs pour un budget de 60 milliards d'euros. Le secteur associatif représente une force économique supérieure à l'industrie automobile. Selon la CPCA, ce secteur devrait être le premier contributeur du plan de relance des emplois aidés en 2009.
14 millions de bénévoles. On comprend mieux pourquoi les élus restent à l'écoute des associations qui sont des acteurs déterminants des politiques publiques nationales et locales.
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